Note de service de « Là-haut » :
Suite à la saturation critique des flux d’âmes et à l’impossibilité de gérer « tout ça » dans des délais raisonnables, la direction a décidé d’envoyer deux agents en intervention d’urgence sur Terre. Mich’aile, chargé de mission, expert en déductions hasardeuses et certitudes fragiles. Micka’aile, ange-miroir, chargé de l’écoute active (résultats variables).
Objectif : remettre de l’ordre dans le grand chaos du monde. Moyens : une 4 aiLe, deux enveloppes humaines, aucun budget.
Les Anges, spectacle de rue burlesque et rock, ou comment deux envoyés du ciel se retrouvent, une fois sur le trottoir, aussi paumés que tout le monde.
extrait de recherche personnage : deux anges explorent le Monde
extrait de recherche personnage : nos deux anges explorent le vide
Note d’intention
Il y a ce « ça ».
« Ça ne va pas. » « Ça me dépasse »
« Qu’est ce qu’on va faire de tout ça » « Ça part en couille. »
Un « ça » immense, difficile à nommer, qui semble parfois tellement complexe qu’on ne sait plus très bien par quel bout le prendre. Et pourtant tout continue. On se lève, on travaille, on mange, on aime, pendant que quelque part sous les pavés ce « quelque chose » gronde.
C’est de cet endroit qu’est né Les Anges.
Nous avons eu envie de faire sortir ce qui se cache sous terre. De secouer un peu les pavés endormis de nos rues, mais aussi ce qui s’endort en nous lorsque « ça » devient trop grand, trop complexe, trop permanent. Pas pour expliquer le monde ni résoudre quoi que ce soit (nous n’en avons ni l’envie ni la prétention) , mais pour jouer avec cette drôle de place dans laquelle nous nous retrouvons : entre la volonté de comprendre, celle d’agir, le sentiment d’impuissance et, parfois, la tentation de laisser tomber.
Alors nous avons envoyé deux anges dans une 4 aiLe à pédale pour sauver le monde ! Les anges, ces figures sacrées, assez au-dessus de nous pour qu’on imagine qu’elles savent ce qu’elles font… juste pour le plaisir de les voir complètement se planter !
Michaile et Mickaile, deux héros, deux loser magnifiques, envoyé par un « au-delà » tout aussi en burn-out que nous, et chargés d’une mission beaucoup trop grande pour eux. Deux clown cosmiques qui découvrent en arrivant sur Terre qu’ils ne savent finalement pas beaucoup mieux que nous quoi faire de tout ça. Et surtout, pour la première fois, ils ont un corps. Ils ont froid, faim, peur. Ils aiment, se disputent, échouent, recommencent. L’immensité de leur mission se fracasse sur des nécessités dérisoires et essentielles : survivre à une journée, à leur propre angoisse, à l’autre, à eux-mêmes.
L’un, raisonne : il déduit, interprète, construit des réponses, produit du sens, quitte à s’y perdre. L’autre résonne : il reçoit, ressent, répond à ce qui est là, parfois sans même comprendre le sens que les autres donnent à ses propres paroles. Nous ne cherchons pas à décider lequel aurait raison. C’est justement le dialogue de ces deux archétypes opposés et complémentaires qui nous intéressent et donne tout le goût à ce duo : entre celui qui cherche désespérément à saisir le monde et celui qui semble simplement essayer d’y être.
Nous voulons que cette histoire se joue dans la rue parce qu’il est évident qu’elle doit se heurter à la réalité du monde. Au bitume, aux arbres, aux voitures qui passent, au milieu des gens, du bruit, des accidents et de la vie qui continue. L’humanité qu’ils sont venus sauver n’est alors plus une idée : elle est là, devant eux, et il va bien falloir faire avec, et jouer avec !
Et surtout, nous marrer ! Rire de notre impuissance, de notre besoin de tout comprendre, de nos solutions magnifiques et ridicules, de nos abandons, de nos fantasmes de sauveurs. Garder cette légèreté qui peut soulever ce qui nous plombe et nous écrase.
Les Anges parle d’aujourd’hui, de l’apocalypse qui guette ? ou peut-être de son fantasme permanent ? de nos croyances, de nos actions et de nos réflexions d’apprentis sauveurs de nous-mêmes. Et derrière l’immensité du « ça » émerge aussi des choses beaucoup plus simples.
Ainsi, peut être qu’au terme du voyage, au moment de repartir là haut, celui qui aura le moins cherché à produire des réponses sera celui qui fera le choix de rester ? Non parce qu’il aurait trouvé la solution, ni parce qu’il aurait eu raison depuis le début, mais peut-être simplement parce qu’il aura trouvé une manière plus simple d’être là : dans ce monde imparfait, au présent, avec les autres. Qui sait ? L’avenir de notre écriture le dira.
En tout les cas nous ne cherchons rien d’autre que de laisser le spectateur avec de savoureux goût de doute existentiel, d’abysse philosophale, de ce qui nous dépasse et cette possibilité très simple de rire, d’aimer, de partager, de s’interroger, de grandir, d’être ensemble et de continuer à chercher.
